16 au 21 mars 2025 – Raid dans le Tessin / Val Formazza

 

CR de Sonia

 

L’équipe Tessin 2025 est bien rentrée ce vendredi, après une magnifique balade de 6 jours entre Suisse et Italie.

Nous avons pu bénéficier d’une belle fenêtre météo, après un gros épisode neigeux.
La prudence était donc de mise et nous avons dû adapter un peu notre parcours.
J1 – 16/03: Montée à la Binntalhütte, 2267m
Tout commence par environ 4h30 de route jusqu’à Fiesch dans le Valais (vallée du Rhône).
De là, nous prenons le car postal pour Binn, 1400m.
Brouillard, neige, nous ne verrons rien de la vallée de la Binn qui nous mène à la Binntalhütte, toujours en Suisse.
Le refuge étant non gardé, nous avions prévu notre petit repas du soir. Nous ne sommes pas seuls, plusieurs groupes sont là dont des hollandais en raquettes qui se font une méga fondue.
Pour nous ce sera plat lyophilisé, quand même plus simple à gérer!
Le refuge est très confortable, on a même de l’électricité. Chaque groupe a son dortoir, quel luxe!
10km, 930m D+
J2 – 17/03: Hohsandjoch (col à 2899m) et rifugio Claudio e Bruno (2708m)

Une fois de plus, nous partons dans le brouillard et dans 50cm de neige fraîche. Vers 2400m nous passons au-dessus des nuages et un beau soleil nous attend.

Nous rejoignons une trace venant de Mittlenberghütte, bien appréciable avec cette épaisseur de neige.
Au col, petite descente raide de 20m environ avec piolet et crampons, pour rejoindre le glacier del Sabbione. Nous basculons alors en Italie.
La Punta d’Arbola (3235m) est là, magnifiquement plâtrée. C’était l’objectif du jour mais au vu des conditions, nous préférons renoncer.
La descente sur le glacier jusqu’au lac del Sabbione est excellente.
Après une remontée de 250m dans le cagnard, nous atteignons le refuge.
L’accueil est sympathique et nous serons les seuls pensionnaires ce soir.
10km, 1100m D+, 660m D-
J3 – 18/03: Blinnenhorn (3374m) et capanna Corno Gries (2336m)
Jamais deux sans trois, départ dans le brouillard. Mais on sait que le soleil nous attend plus haut, donc pas d’inquiétude.
La montée au Blinnenhorn est déjà tracée.
En haut, la vue est magnifique: Oberland, Valais, Bernina, Mont Blanc, peut-être même le Triglav en Slovénie? Avec la mer de nuage, on voit nettement l’arc alpin se dessiner.
Comme la veille, une descente toute poudre nous attend.
On rajoute un petit bonus de montée sur la crête rive droite, synonyme de virages supplémentaires.
Bon, on finit quand même par retrouver le brouillard avant d’arriver à la cabane.
Après quelques hésitations sur l’itinéraire, nous atteignons ce refuge suisse ultra moderne, surnommé le vaisseau spatial alpin.
Il faut dire que l’architecture est surprenante avec la salle commune carrée complètement vitrée et les chambres au-dessus.
Excellent accueil, grand confort et cuisine au top, du rab et encore du rab.
On repart tous avec un petit sac à pique nique en tissu à l’effigie du refuge…
14.6km, 1020m D+, 1400m D-
J4 – 19/03: All’Aqua (1613m), Punta di Elgio (2834m), rifugio Maria Luisa (2160m)
On avait initialement prévu de rejoindre Maria Luisa via le Corno Gries, sommet sur la crête entre les deux secteurs.
Mais n’ayant aucun retour sur les conditions en haut et sachant qu’il y a des pentes soutenues et exposées à traverser, nous optons pour le plan B: descendre en vallée et remonter par le passo San Giacomo.
Nous ferons un joli sommet au passage, la Punta di Elgio, qui est en fait juste au-dessus du refuge Corno Gries de la veille.
Malgré les pylônes et la ligne à haute tension qui traverse le secteur, les montagnes sont toujours aussi magnifiques.
On commence à voir du monde, contrairement aux autres jours.
Le hic, c’est qu’on a basculé côté sud et que la neige n’est pas encore passée à l’état moquette.
C’est donc surtout de la croûte de chez croûte qui nous attend.
On commençait à s’habituer à la neige de rêve, retour donc à la réalité: il faut s’attendre à tout, s’adapter et ne pas s’emballer…
Une fois de plus, un très bon accueil au refuge.
Il y a plus de monde que dans les précédents, le coin étant plus fréquenté. On rencontre d’ailleurs plusieurs groupes de français.
Comme à Corno Gries, nous avons deux chambres de 4 bien confortables.
18.8km, 1250m D+, 1430m D-
J5 – 20/03: Monte Basodino (3273m), rifugio Maria Luisa (2160m)
Dernier sommet aujourd’hui, toujours sous un grand soleil. Nous montons au Kastellücke par un large couloir direct.
La trace est faite et la montée efficace. Après le col, on bascule sur le glacier par un passage exposé mais en très bonne condition.
Et nous sommes à nouveau en Suisse…
Le glacier est une fois de plus entièrement bouché alors que Thierry nous avait parlé de crevasses béantes.
Comme quoi, les conditions peuvent bien varier selon l’année et la période.
Après une longue traversée ascendante, nous atteignons la crête qui mène au sommet.
On monte en crampons et encordés. L’arête passe bien à la montée comme à la descente, même s’il faut être très vigilant tout du long.
Le sommet est étroit, c’est chacun son tour!
Concernant la descente, retour à la poudre et aux belles traces.
Plutôt que de remonter au Kastellücke via le passage exposé, on opte pour une boucle qui nous permet de profiter plus longtemps du glacier et de sa peuf.
Après 200m de remontée jusqu’à la Bochetta di Valmaggia, c’est encore la poudre qui nous attend. Avec quand même quelques cailloux, soyons honnêtes.
On avait commencé à oublier les requins de Belledonne, nous découvrons quelques petits requins du Tessin.
15.2km, 1540m D+, 1540m D-
J6 – 21/03: All’Aqua, Grenoble
Le temps allait se gâter à partir de vendredi.
Plutôt que de maintenir une septième étape peu intéressante, nous avons décidé de rentrer dès vendredi en prenant bus+train de All’Aqua jusqu’à Fiesch.
Courte étape sur les skis pour remonter au passo San Giacomo puis redescendre sur All’Aqua.
La descente fut un peu laborieuse dans la neige croûtée. Il y a eu quelques belles gamelles et un ou deux télescopages.
Heureusement, tout s’est bien terminé et nous étions largement en avance pour prendre le bus.
Il s’en est suivi une succession de correspondances parfaitement synchronisées, vive la Suisse!
Bus pour Airolo, train jusqu’à Göschenen puis Andermatt puis Fiesch, via les tunnels du Gothard et de Furka.
Trains très confortables et parfaitement à l’heure.
Après un dernier café à Fiesch, nous reprenons la route pour Grenoble.
8,6km, 190m D+, 720m D-
Ainsi s’achève une belle bambée au cœur des Alpes.
On a vraiment eu de la chance avec la météo, après avoir pensé maintes fois à l’annulation les jours précédant le départ.
Les possibilités ne manquent pas dans ce secteur, il y a encore bien de quoi revenir plusieurs jours avec des enchaînements différents.
Aussi nous avions un super groupe, très homogène et plein de bonne humeur.
Merci donc à Jean-Marc, Didier, Bruno, Philippe, Thierry, Pascal de nous avoir rejoints pour cette aventure!