Refuge de La Selle et Col du Replat

16/04/26 : En guise de compte rendu, voici d’abord le topo d’où on n’est pas passé à l’aller mais qu’il aurait été judicieux de faire.
« Au terminus routier, alt1635 m, (Les Prés / St Christophe en Oisans) plutôt que de suivre les indications des panneaux, prendre la piste forestière qui s’échappe à l’opposé, vire à 180° et repasse juste au-dessus du parking. Elle mène, 800m en amont, à un captage du torrent du Diable. ( trace Petzl) Elle a le mérite de rester enneigée tardivement, contrairement au sentier sec du versant opposé. Une petite acrobatie permet de retraverser le torrent en utilisant la digue du barrage. On retrouve un moment les éboulis de l’autre rive… »
Dès 1750, la neige s’installe en continu et nous chaussons.
Sur un conseil de Justin, le gardien du refuge, nous nous chargeons en eau à la dernière échancrure libre du torrent, vers 2450 m. 2,5 litres supplémentaires pour mon cas. On sent bien la différence sur
le dos ! Il faut préciser qu’il n’y a pas d’eau au refuge de la Selle et que les bouteilles montée par hélico coûtent cher.
Les derniers 80 m de dénivelé sous le refuge sont déneigés. 3 gars remontent ce qui semble être un bon sentier, skis sur le dos. Quelle idée nous vient d’y accéder skis aux pieds ? Contourner l’épaulement rocheux sur lequel il est perché en équilibre semble facile. Résultat : une demi-heure supplémentaire à s’éreinter en pleine fournaise. Après un long détour, on se retrouve bien trop haut. Il faut redescendre une pente soutenue, en dérapage avec les peaux, sur une neige déliquescente. Là-haut, nous retrouvons Monique, une copine montée plus tôt dans la matinée.
Durée totale : 5h30 – D+ 1115m


17/ 04/ 26. : La veille, Justin nous a calculé un timing pour que la neige soit suffisamment décaillée, dans les deux descentes programmées.
1 – Le Glacier Ouest de la Selle : Il faut que sa pente SE ait le temps de réchauffer un peu. Il l’a fait l’avant veille ; il n’avait démarré du refuge qu’à 8h30.
2 – Le Col du Replat : le soleil n’intervient qu’en début d’après midi dans sa pente Ouest. 13h30, serait l’heure idéale pour sa descente.
Nous sommes lents; nous ne galopons pas comme lui. 8H30 nous paraît une heure déraisonnable mi-avril. Une heure plus tôt, ce sera bien ! Nous décollons du refuge crampons aux pieds, skis sur le sac. Monique nous accompagne un moment. Le regel nocturne a été efficace, la neige est portante « al dente ». On file sans contraintes, en traversée sur un gros km de vires fortement déversantes. Quelle belle invention, ces crampons! Ce cheminement aurait pris le double de temps en couteaux. L’entrée du couloir ne se révèle qu’au dernier moment. Grandiose ! Nous le remontons une heure jusqu’à buter contre le pilier de la pointe Marie Louise vers 3300 m d’altitude. Le soleil arrive sur place en même temps que nous. Le dégel décroche immédiatement quelques pierres de la paroi. Elles nous ratent mais le
message est reçu 5 sur 5 : il faut se carapater. A 10h00, nous engageons la descente. Une heure trop tôt… Heureusement, ce vallon encaissé n’est pas raide mais la neige n’a pas acquis la souplesse espérée.
Nous tirons à gauche pour gagner l’immense plateau glaciaire de la Selle. On le traverse d’Ouest en Est sur 1 km jusqu’au pied de l’objectif suivant. La trace est faite ; en couteaux nous enchaînons les zigzags dans une face qui se raidit. 80 m sous le col, le rail s’interrompt. Les équipes précédentes ont poursuivi à pied. De grosses marches grimpent droit dans la pente. Pourtant, sur la neige lisse et dure, se dessinent deux lignes de carres et des entailles de couteaux fraîches. En avance devant nous, Hubert a poursuivi à ski. Jusqu’en haut. Culotté, notre compagnon ! Pour nous, c’est la maxime : « courageux mais pas téméraires » qui s’applique. Et pour parfaire notre confort, nous enfilons les crampons.
12h30 : nous cassons la croûte sur un point haut du col du Replat vers 3350. Dans la pente de retour, le décaillage est à la peine.
13H00 : Nous lorgnons sur la contrepente 200m en face. Orientée SW, elle doit mieux chauffer. Dans cet univers de brut, on peut espérer un peu de douceur. Nous nous lançons. Effectivement le
flanc droit a ramolli mais il plonge vers une rogne rocheuse. Après 4 virages, impossible d’insister. Au centre, c’est toujours béton ; cap tout à gauche où subsiste une poudre dense. Elle va sauver l’affaire.
A partir de 3100 , on peut enfin se relâcher. La neige prend la texture attendue et le ski devient plaisir. Pour la partie haute, il manquait une heure.
Nous remontons (à pied!) au refuge récupérer quelques affaires. Justin n’est pas là ; il est parti faire un tour à ski, nous filons. En suivant le topo décrit au départ de ce récit, nous ne marcherons qu’un quart d’heure. L’arrivée est un gymkhana à travers des arbres fracassés par une avalanche mais nous n’enlevons les skis qu’à 50 m de la voiture.
Durée totale : 7h30 – D+ 1127 m
Participants: Hubert Jeanson – Catherine Fourrier – Marc Papet et Monique Luttringer qui nous accompagnera la 1ère heure

Marc