Col de la Grande Ruine

Vendredi 10 04 : Montée commune dans l’après midi au refuge de l’Alpe de Villar d’Arène( 2077m). On chausse encore les skis au parking du Pont d’Arsine 1667m mais plus pour longtemps !
2h00 de montée – D+ 428 m


Samedi 11 04 : Départ à 6h55. Comme le refuge est en balcon, on profite du regel nocturne pour glisser le plus loin possible en direction de Valfourche. On grignote ainsi 800 m avant de devoir coller les peaux, au bord de la Romanche. (alt 2000m) Dans le vallon du Clot des Cavales, le soleil est vite de la partie. La remontée est tranquille
jusqu’au replat 2663m. C’est ici qu’on bifurque pour attaquer la grande pente Nord sous le glacier du Clot des Cavales. Les choses sérieuses commencent. On enfile les couteaux, on se met d’accord sur l’itinéraire adéquat, louvoyant entre ressauts raides, affleurements de glace bleutée et zones rocheuses. La neige a fortement subi l’action du vent et elle n’est pas confortable: l’accroche est meilleure sur les zones à surface irrégulière, mais ça reste relatif… Les carres cassent les crêtes d’un enchevêtrement de grosses vaguelettes enfermant entre elles un peu de poudre. Poudre malheureusement sans cohésion. On évite au mieux les zones polies par le vent où les couteaux renâclent à pénétrer. Par deux fois, il faut franchir des bombements, skis sur le dos, dans des pentes qui ne dépassent pourtant pas 35°.
5h10 après le départ du refuge, nous atteignons enfin le col. Le casse-croûte s’impose ; les deux remontées à pied nous ont séchés et nous avons grillé pas mal de cartouches.
13h00 : la descente à peine commencée, nous assistons impuissants à une gamelle mémorable de Murielle. Faute de carres ou virage raté ? la voici qui dévale la pente, skis par-dessus tête. Sa trajectoire se dirige dans l’axe d’un récif rocheux et nous redoutons le pire. Un roulé-boulé exécuté à la dernière seconde lui fait éviter l’obstacle. Ouf ! Mais la surface lisse et dure de la neige est sans pitié. La glissade sans frein se poursuit. Cent mètres de dénivelé plus bas, elle réussit enfin à
s’arrêter et nous la voyons remuer. Avec Philippe, nous fonçons. Précautionneusement cependant !… Car il ne s’agit pas d’ajouter un
sur-accident, sur cette neige où l’accroche est « limite ». En route, nous récupérons ses deux bâtons. – « Où est-ce que tu as mal ?» Question qui paraît incongrue à Murielle. Au vu de la chute, nous nous attendions au mieux à une épaule déboîtée ou à une entorse du genou. Rien de tout cela ! Un peu sonnée tout au plus. Plus de peur que de mal ; nous poussons un gros soupir de soulagement…
Après un petit temps de récupération, la descente reprend sur une neige bien ramollie mais pas désagréable.
Au-dessus du Plan de Valfourche, nous tirons en traversée à travers la pente SE dans l’espoir de gagner un km de pousse-bâton au bord de la Romanche. La neige a chauffé depuis le matin, c’est très mou. Philippe s’inquiète un peu. Nous sommes une petite heure trop tard. Si nous avions imaginé qu’un dénivelé de 1250m nous prendrait 5h00, nous serions partis plus tôt, à la même heure que l’équipe 1.
La fin de rando est une longue partie de ski de fond : pas de patineur, pas chassés, pas alternatifs, en escalier, sur herbe… Tout y passe.
Retour à la voiture pour 15h30. Le ciel n’attendait que notre arrivée pour s’engrisailler à toute vitesse. Demain, les reliefs seront bouchés, nous savourons l’idée d’avoir abrégé un tour qui devait initialement durer 3 jours.
Durée totale : 8h38 – D+ 1280m – 25 km
Participants équipe 2 : Philippe Rolland – Murielle Rousseau – Yannick Arnoud – Béatrice Reverdy
– Catherine Fourrier – Marc Papet