CR Tour du Haut Verdon du 25 au 30 juin 2026
J1 : 24 06 26. Pour la circonstance, nous avons déniché un Airbnb 12 places à Clignon Bas, un hameau situé 5km au sud de notre point de départ à Allos. Comme nous sommes 14, avec Catherine, nous dormirons dans notre van.
Après 4h00 de route, nous nous retrouvons tous au dîner vers 19h30.
J2 : 25 06 26 – Allos / Le Seignus Bas 1500 m→Baisse de l’Auriac 2386 m→ Refuge de l’Estrop 2050 m
La journée est annoncée caniculaire, les flancs Est qui nous attendent seront les premiers servis par le soleil. On va cuire ! D’un commun accord, nous programmons un réveil matinal à 5h00.
Après une courte navette de voiture, nous démarrons à pied du Seignus Bas à 6h50. A l’ombre sous les mélèzes, nous profitons de deux bonnes heures de fraîcheur et ne regrettons plus notre lever aux
aurores.
Après un cheminement de près de 5h00 le long du GR du Tour du Haut Verdon, nous atteignons enfin la cabane de la Selette à 1950 m. C’est peu après celle-ci que la grimpette commence. Une partie du groupe décide de faire la pause casse-croûte et reprendre des forces avant les hostilités, en profitant des dernières zones ombragées. L’autre préfère en finir et avale les 450 m de dénivelé qui séparent de la Baisse de l’Auriac, le point haut de la journée .
Nous nous retrouvons tous là-haut vers 13h30.
La descente vers le refuge de l’Estrop ( 2050 m) n’est pas une partie de plaisir. Elle est raide, ébouleuse et « casse-pattes ». Par contre le refuge tout en pierre avec ses parements en mélèze, niché près d’un torrent, est esthétique en diable, un vrai archétype de refuge. Il est tenu par deux jeunes gardiennes discrètes et souriantes. L’ambiance y est paisible. Douche froide à l’intérieur ou douche solaire à l’extérieur, après la grosse chaleur de la journée, les deux seront unanimement
appréciées.
8h00 de marche – 19,7 km – + 1200 m
J3 : 26 06 26 – Refuge de l’Estrop 2050 m→ Tête de l’Estrop 2961 m → Gîte/refuge de Laverq 1570 m
Départ à 7h10 du refuge. En 4h00, nous sommes tous réunis au sommet de l’Estrop après avoir gravi au final une spectaculaire zone de dalles inclinées à 30°.
Nous avions envisagé de rester en crête pour rejoindre au plus court la Baisse de la Petite Barre ( 2735m) mais l’ampleur des clapiers qui nous en séparent est dissuasive. Nous gagnerons du temps à rester sur le sentier officiel, même s’il nous oblige à redescendre jusqu’à 2500m. Comme la veille, un groupe reprend des forces avant les 250 m de « coup de cul » ; les autres préfèrent en finir avant de casser la croûte.
L’orage gronde tout autour de nous, quelques gouttes se mettent à tomber à la fin de la montée, mais heureusement ce seront les seules de la journée.
La descente nord sous la Baisse est encore encombrée de névés. L’un d’eux est dissuasif ; nous installons une main courante pour garantir une traversée sereine.
Les roulements de tambour perdurent, tout au long d’une descente interminable. Alentours, des colonnes de pluie engrisaillent ponctuellement certains sommets. Au passage, nous repérons à
1690m le départ du « raccourci à Daniel » que nous emprunterons le lendemain.
Le beau temps revient dans la soirée.
9h00 de marche – 20 km – + 1150 m
J4 : 27 06 26 Gîte de Laverq 1570 m → Tête de la Sestrière 2575 → Refuge du Col d’Allos 2230 m
Départ à 7h45 – A 1690, un cairn et une flèche orange pâlie par les décennies indique le départ que Daniel nous avait fait connaître en 2022. Ce très vieux sentier est raide, parfois peu visible mais constamment balisé de marques blanches. C’est un raccourci conséquent vers la Tête de la Sestrière : on gagne une grosse heure de parcours. Après un final un peu épicé, il retrouve le GR 56 vers 2300m.
Le sommet est atteint en 3h30. La suite est un long cheminement de crête descendant, avec deux ou trois promontoires à surmonter. Nous pique-niquons sur l’un d’entre eux.
A 14h15, nous rejoignons le refuge, 10 m en dénivelé en contrebas du Col d’Allos. Le patron du refuge d’origine corse est à l’ancienne. Ici, pas d’internet, même pas de téléphone. Mais nous ne mourrons pas de faim : au dîner, les portions sont plus que généreuses et les piqueniques fournis pour le lendemain suffiraient pour deux jours. « Vous aurez besoin de prendre des forces ! » nous répète-t-il !
Durée 6h15 – 14 km – D+ 1120 m
J5 : 28 06 26 – Refuge du Col d’Allos 2230 m → Petit Col du Talon 2678 m → Refuge de la Cayolle 2266 m
Départ : 7h25
Une très longue étape nous attend mais nous y sommes préparés psychologiquement . Elle nous apparaîtra finalement moins dure que celle du 2ème jour. Pour plus de souplesse, nous fonctionnons
aujourd’hui en deux groupes indépendants. Nous nous suivrons toute la journée à environ 20 mn d’écart.
Nous empruntons le GR 56, sur une portion que la FFRP envisage de dérouter tant elle est peu fréquentée et tant son entretien pose problème. Elle traverse d’immenses pentes détritiques, sous des barres rocheuses délitées. Beaucoup de traversées de ravines sont déversantes, faute d’entretien. Quelques passages sont vertigineux. L’évolution en dahu, en adhérence sur le cailloutis demande de la vigilance. Il ne ferait pas bon se hasarder dans le secteur par temps d’orage ou de forte pluie. Cannonade et bombardement assurés !.
Une barre rocheuse de 100 m est douchée par une magnifique cascade. Le sentier utilise une succession de fractures et vires pour la surmonter. On est parfois aspergé par les embruns ; on passe à proximité du jet. Le soleil joue avec les jaillissements, l’ambiance est tonique et rafraîchissante.
Après une pause casse-croûte vers 12h30, un vallon glaciaire file vers le col du Petit Talon, qui se dresse au fond comme une muraille. C’est le point haut du jour. Derrière, une longue descente amène au Torrent de la Grande Cayolle 2162 m. De là, il reste 45 mn de pente douce à remonter à travers prés jusqu’au refuge.
Il n’y a pas de pique-nique prévus pour nous le lendemain ! Le gardien soutient que je n’ai pas passé commande et il monte immédiatement dans les tours. Je retrouve le sms que j’ai envoyé tandis qu’il s’explique au téléphone avec son coéquipier. Le voilà qui revient en présentant ses excuses. Le coupable était son acolyte qui n’a pas transmis. 12 pique-niques à préparer : une heure de boulot supplémentaire ! Il fait la gueule.
Ici, c’est vache maigre, question repas. Les jours se suivent et ne se ressemblent pas. La soupe est servie dans des bols individuels, le plat principal à l’assiette. Des portions pas adaptées pour des randonneurs. Le rab, il ne faut pas y compter. Le pompon est atteint avec le dessert : des ramequins de compote de pomme tirée directement d’une conserve.
Temps de marche : 8h36 – 25,6 km – D+ 1100m
J6 : 29 06 26 Refuge de la Cayolle 2266 m → Mont Pelat 3051 m → Refuge du Lac d’Allos 2235m
Départ : 7h15
En 1h00, nous sommes rendus au Col de la petite Cayolle 2639 m. Nous descendons jusqu’à la bifurcation 2384 m, d’où s’échappe le sentier qui grimpe au Mont Pelat. Nous déchargeons les sacs
des affaires inutiles car nous partons pour un aller-retour de 650 m de dénivelé.
Le sentier traverse d’immenses pierriers aux lignes épurées et magiques. Une fois la ligne de crête atteinte, il faut surmonter une éminence plus raide, impressionnante du bas mais sans difficultés. A
11h00, tout le groupe est réuni sur l’escarpement rocheux qui tient lieu de sommet.
Revenus aux sacs, il faut abréger le casse-croûte car entre temps, le ciel s’est obscurci et le tonnerre bougonne. L’excitation météo est communicative ; les esprits s’échauffent. Nous filons au pas de course
jusqu’au refuge. Il n’est heureusement qu’à une demi-heure de là. 5 mn après notre arrivée, attablés à l’intérieur, nous contemplons médusés la grêle qui s’abat avec violence et qui recouvre bientôt le
sol d’un manteau blanc.
Le refuge du Lac d’Allos est à l’ancienne, dans son jus. Fenêtres à simple vitrage, dortoir vétuste, équipé de bric et de broc, avec des matelas qui font le creux et des couvertures rêches qui datent de
la dernière guerre. Honte à la ville d’Allos, propriétaire des lieux mais qui renâcle à investir !
Par contre, le personnel est adorable, le gérant est plein d’humour et la cuisinière est une « cordon bleu ». On se souviendra longtemps du gratin de ravioles aux champignons et lardons et d’un tiramisu servi dans un plat si énorme qu’on a bien cru ne pas finir !
Temps de marche : 6h30 – 17 km – D+ 1000m
J7 : 30 06 26 – Refuge du lac d’Allos 2235 m→ Tête de Valplane 2624 m → Sommet des Graus
2549 m → Allos 1430 m
Départ : 7h15
En 1h15, nous gagnons, hors sentier et à travers l’alpage, la Tête de Valplane ( + 400m) La suite est un parcours en épaules et en montagnes russes. Un passage inattendu, rocheux et escarpé, coupe la progression au pt coté 2499m. Une femelle bouquetin et trois petits cabris de l’année nous y attendent. Notre arrivée intempestive ne les inquiète guère.
Huit d’entre nous contournent l’obstacle en rebroussant chemin et en traversant à flanc. Les 6 autres le franchissent avec toutes les précautions qui s’imposent. 20 mn plus tard, nous nous retrouvons tous ensemble pour gravir le Sommet des Graus. A partir de là, on récupére une sente, étroite mais continue. Tant mieux, car la pente est raide et peu avenante. Sous Roche Cline, nous rejoignons un vrai sentier balisé ; le retour vers la civilisation commence.
Vers Ste Brigitte, à 30 mn d’Allos, nous nous faisons prendre par la pluie. Un hangar agricole nous accueille fort à propos. Ça tombe bien, il est midi et quart, justement l’heure de manger. La dernière bouchée avalée, la pluie se calme. Il est 13h ; les capes de pluie que nous enfilons ne seront utiles que 5 mn.
A 13h30, nous débarquons à Allos. Une courte navette de voiture permet d’aller récupérer celles qui sont garées à Seignus Haut. Ensuite, c’est le traditionnel débriefing devant des bières et des coupes
de glace. Le contrat est rempli à 100 %. La météo ne nous a pas imposé de plans B, les sommets prévus ont été atteints, par tous les participants.
temps de marche : 5h35 – 12,5 km – D+ 570 m
Participants : Murielle Rousseau – Yannick Arnoud – Béatrice Guillet Revol – Béatrice Reverdy – Monique Chabert – Anne le Berre – Anne Rivron – Philippe Cholat Namy – Catherine Fiol – Bruno Bailly – Brigitte Aubert – Pascale de Larminat – Catherine Fourrier – Marc Papet



