14 Stdistes sur un parking à l’ombre , -6° affichés sur les compteurs des voitures.
Comment organiser rapidement deux groupes sans que personne ne gèle sur place, comment ne pas le faire autoritairement ? Comment ne pas vexer les susceptibilités, tenir compte des amitiés et des préférences sociologiques de chacun?
J’avais annoncé dès le départ qu’un groupe pourrait s’en tenir au tarif de base, à savoir un aller-retour de + 700m et qu’avec les autres, on pourrait s’ajouter une Combe de l’Ours en aller-retour, soit 600m supplémentaires. Ce qui me paraissait être une technique douce d’organisation.
Echec : la plupart n’avait pas encore chaussé les skis, la liste des candidats pour la 1ère option était pléthorique.
Une circonstance imprévue a réglé le problème. Après 180 m d’ascension à la queue leu leu, la magnifique piste sous l’ex- télésiège, large de 200 m, s’est ouverte à la vue. Habituellement, elle est infréquentable faute d’un enneigement suffisant. Mais aujourd’hui, elle était immaculée, avec 40 cm de fraîche et seulement 3 traces de descente coincées à droite. L’occasion inespérée de se régaler dans une poudre de cinéma! Le conciliabule fut court : ceux qui voulaient la skier en aller-retour resteraient avec moi, les autres poursuivraient sur l’itinéraire classique. On se retrouverait au sommet plus tard.
Cette face faisait tellement envie que plusieurs ont craqué. 6 ont poursuivi avec Yannick et j’ai fait équipe avec les 6 autres.
Il fallait faire vite car la fréquentation du jour était au maximum. La face serait dévastée d’ici la fin d’après midi. Une dizaine de randonneurs arpentaient déjà les zigzags de montée. Pas trop d’inquiétude cependant, car cette pente s’inscrit dans l’itinéraire de montée qui passe par la forêt. Bien plus sauvage, il nécessite un bon enneigement, ce qui était le cas aujourd’hui. Peu de chance que les gars fassent demi-tour, une fois en haut.
Vers 1500m d’altitude, un replat au soleil nous attendait pour le dépeautage. Entre temps, deux clients supplémentaires avaient dévalé la pente mais globalement, toute la place restait libre… Nous n’avons pas fait de quartier. 350 m plus bas, il a pourtant fallu se calmer.
Nous avons repris l’ascension jusqu’à la Croix sommitale. Le groupe de Yannick n’était pas au rendez-vous à l’arrivée mais cinquante randonneurs, au moins, cassaient la croûte au soleil.
Au retour, nous avons tenté notre chance une 2ème fois. Un court repeautage sur 200 ou 300 m permettait de rejoindre l’arrivée de l’ancien télésiège et retrouver la piste du matin. Peut-être resterait-il un peu de place pour une 2ème séquence « poudreuse jusqu’aux narines » ?
C’est là que nous sommes tombés sur Yannick et son groupe, au soleil, au même endroit que celui où nous avions enlevé les peaux le matin.
Evidemment, la face était maintenant copieusement tracée. Mais en tirant à droite, il restait encore un peu de place vacante. Nos 14 vaillants Stdistes se sont engouffrés dedans sans états d’âme.
Groupe de Marc : Catherine Fourrier – Béatrice Guillet Revol – Béatrice Biasini – Yves Fouillet – Jean Marc Brissaud – Bastien Duplantier
Durée totale : 5h15 – D+ 1120 m




