La météo étant prévue à la pluie à partir de 16h00, le rdv à Seyssins, initialement prévu à 8h00, est avancé à 7h30. Cette demi-heure fera toute la différence !
Nous retrouvons Béatrice qui nous attend sur place à Gresse en Vercors, au parking de la station ( alt 1248 m).
Départ à pied à 8h30. En chemin, nous croisons une multitude de jeunes randonneurs qui ont bivouaqué dans les hauteurs et qui redescendent avant les intempéries annoncées. Pour le moment,
le vent souffle, les nuages défilent mais le soleil demeure maître du jeu et impose ses déchirures de lumière. Un troupeau de bouquetins pâture aux alentours, indifférents aux allées et venues des
humains. La montée au Pas de la Ville ( alt 1925m) est vite expédiée.
Nous enchaînons avec les escarpements qui surmontent le col. Un jeune bouquetin, couché dans l’herbe juste en contrebas du sentier, nous regarde passer placidement.
A 11h00, après une traversée ascendante dans la pente herbeuse, nous débouchons au sommet. Là, le décor change radicalement. Nous sommes en position dominante et nous mesurons l’immensité
du plateau du Vercors. Il s’étend à perte de vue au Sud comme au Nord. A l’Est, c’est le royaume du gaz, de la verticalité et des falaises vertigineuses. Le Mont Aiguille se pavane au milieu, en seigneur
des lieux.
Le temps de quelques paroles échangées avec les randonneurs sur place, de quelques photos et, sans tarder, nous embrayons sur le retour. Le ciel se charge, le soleil a longtemps résisté mais, acculé, il
ne fait plus que de blanchâtres apparitions. A l’Ouest, des nuées de pluie arrosent le plateau de Vassieux. A l’estime, 7 km seulement nous en séparent. Retour au Pas de la ville. En contrebas, les bouquetins ont pris possession du sentier et n’acceptent qu’avec réticence notre passage. Ils daignent s’écarter de deux mètres, pas davantage. Lorsque je leur tends la main pour qu’ils viennent la renifler, ils refusent cependant! On n’en est pas encore là …
Quelques gouttes tombent, comme un premier avertissement. Il y a pourtant une belle éclaircie bleue, cramponnée au-dessus de nos têtes mais ce doit être la dernière de la région. Le paysage s’assombrit impitoyablement alentours. A 13h20, nous sommes de retour aux voitures. Je suis garé à proximité d’une table de pique-nique.
Parfait pour casser la croûte ! Nous nous installons, déballons les victuailles, décapsulons les bières.
Pervers, le ciel qui a été magnanime avec nous jusque là, refuse d’en faire davantage. Il ouvre les vannes. Nous rapatrions sacs à dos, glacière, canettes, pain et saucisson dans une géode à proximité, une sorte de vaste yourte transparente ouverte au public. Bercés par le crépitement de la pluie sur la bâche, nous devisons gaiement sur les tourments auxquels nous avons échappé, grâce à cette demi-heure volée au sommeil.
Durée totale : 4h50 – Dénivelé : 1100m
Avec : Béatrice Biasini, Thierry Clément, Catherine Fourrier, Marc Papet



