CR séjour Haute Tinée du 28 février au 6 mars

C’est en rentrant de notre raid dans le Tessin l’année dernière que Philippe C.-N. et moi-même avions eu l’idée d’organiser un séjour dans les Alpes du Sud, région dont il est un grand connaisseur et qui voit assez rarement les spatules des STDistes. Après avoir envisagé la Haute Vésubie, nous nous sommes finalement décidés pour la Haute-Tinée, d’un accès plus facile en hiver. Notre séjour s’est déroulé du samedi 28 février au vendredi 6 mars à Saint Dalmas-le-Selvage (1500 m) dans les Alpes maritimes. Il se situe au fin fond de la vallée de la Tinée, à quelques kilomètres au-dessus de Saint Etienne-de-Tinée et juste sous le mythique col de la Bonnette. Nous étions hébergé au gite « Chez Philippe », gite assez rustique mais spacieux et tenu par le très sympathique Philippe, un authentique Sandalmassier. Malgré un temps perturbé par des entrées maritimes, nous avons pu effectuer 5 belles sorties dont 4 en partant du village. En voici un petit résumé :

  • La croix de Carlé (2529 m, D+ 1000 m)

    La classique du secteur, plein ouest juste au-dessus du village. Départ sous un ciel gris puis montée par la jolie crête de Pra Gaze. Dommage que le brouillard arrive sur la fin du parcours à partir de 2200 m, nous privant du panorama. On arrive quand même à distinguer la croix avant une belle descente dans notre premier mélézin (forêt de mélèzes) du séjour.

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  • La tête de Cloifret (2568 m, D+ 1100 m)
    Sortie très semblable à celle de la veille, au sud de Saint Dalmas cette fois. On rejoint le mont Aunos en suivant la crête du Content, juste à temps pour apercevoir l’arête menant à la tête du Cloifret en passant par l’Alpet. On parcourt l’arête de nouveau dans un brouillard épais qui nous prive de la vue sur les sommets alentours. L’objectif initial était de faire une boucle en redescendant par la combe de la Maisonnette mais la mauvaise visibilité et surtout le haut de la combe très dégarni nous en dissuadent. Retour donc par le chemin de montée… sans regret tant la poudreuse dans le mélézin était agréable à skier.

  • Le tour de la cime de Tavels (D+ 900 m, 12 km)

    Philippe nous avait convaincu que ça valait le coup de faire un tour du côté d’Isola 2000 malgré les 45 min de voiture. Nous n’avons effectivement pas regretté avec ce parcours varié et sauvage, le beau temps étant enfin de la partie. Le programme de la journée était de faire le tour de la cime de Tavels (2795) en empruntant successivement la baisse du Druos (2628 m), la baisse de la Lause (2639 m) – en rendant visite à nos voisins italiens au passage — puis le col Mercière (2338 m) pour revenir sur Isola. Dommage que les lugubres blockhaus, vestiges de la 2ème guerre mondiale, plombent un peu l’ambiance à ce dernier col (Jean-Luc, un futur chantier « Installations obsolètes » avec MW ?). Ce fut incontestablement l’étape technique du tour avec des pentes soutenues en S4 pour atteindre les 2 premières baisses. Heureusement les crampons étaient bien dans le sac !


  • Tour de la crête de la Clape (D+ 1450 m, ~20 km)

    Notre plus longue journée, heureusement par beau temps avec un ciel juste assez voilé pour éviter la surchauffe. Ça commence par 5 km sur la route qui mène au col de la Moutière pour rejoindre le hameau de Sestrière. On poursuit encore quelques km dans le vallon de Sestrière (NO) avant de bifurquer plein ouest pour atteindre notre premier des 3 cols de la journée, le col de l’Escuzier (2487 m). Courte redescente dans le vallon de la Braissette en franchissant une petite corniche sous le col (pas réussi à convaincre Anne et Bea qu’il suffisait de se laisser glisser 🙂 ) pour remonter au col de Cime Plate (2728 m) juste sous la Tête de la Clape. Après un casse-croute bien mérité, belle descente plein sud en neige de printemps ramollie à souhait avant la dernière ascension de la journée au col de la Braïssa (ou Braisse) (2599 m). Plus qu’à se laisser glisser dans le beau vallon de la Braisse – encore un mélézin rempli de beaux et vieux (et oui ça n’est pas incompatible 🙂 ) mélèzes — pour rejoindre Sestrière. Une dernière petite surprise nous attendait toutefois avec un intense moment de stress quand il s’est agi de traverser une passerelle étroite et recouverte d’au moins 1 m de neige. Tout le monde a heureusement assuré ! Après les quelques derniers km de faux plat descendant, toute la troupe était heureuse d’enfin apercevoir Saint Dalmas dans une belle lumière de fin de journée.


  • Le col du petit Valloar (2706 m, D+ 1200 m)

    Pour cette dernière journée, objectif le col du petit Valloar (2706 m) au pied de la Tête Ronde, en suivant le vallon de Gialorgues. Encore un (long) faux-plat pour rejoindre le fond du vallon avant de pouvoir s’engager dans la combe sauvage qui mène au col, caché presque jusqu’au dernier moment par une impressionnante barre rocheuse. On ne s’éternise pas au col car le temps se gâte et redescente dans ce vallon très skiant malheureusement par jour blanc… Faudra revenir.

Une semaine bien remplie donc et une belle découverte (ou redécouverte) du Mercantour pour la plupart d’entre nous. Magie des Alpes du Sud, nous avons croisé plus de vautours (y compris un gypaète barbu), aigles, bouquetins… que de randonneurs !

Merci à toute l’équipe pour l’ambiance très sympa : Bruno B. , Philippe C.-N., Didier D., Guillaume J., Jean-Luc M., Beatrice R. , Anne R.