J1 : La Basse du Gerbier
Départ depuis le parking du Chalmieu. Marc tient à nous montrer un petit raccourci. Il s’agit d’une croupe à droite que l’on rejoint en quittant le fond du vallon vers la côte 1660 m, et qui permet d’accéder plus rapidement au parking d’été, sans suivre les détours de la route. Vers 2000m, après un point bas au niveau du ruisseau de l’Olletaz, les groupes se séparent : Marc est déjà bien devant en direction du Gros Crey. Thierry prend à gauche dans des petits vallons qui le mèneront vers le Montplat et nous continuons rive droite de l’Olletaz, plein sud vers la Basse du Gerbier. Le cheminement est long mais quel émerveillement de se rapprocher de la base des Aiguilles d’Arves : l’Aiguille de l’Epaisseur et la tête de chat semblent toutes proches.
Le regard se porte vers les Aiguilles, les pentes, les traces d’animaux. Au loin, on distingue des conversions vers Plan Pradin, pas bien loin du Col de l’Epaisseur. Un dernier effort nous amène au panneau « Basse du Gerbier », qui sera le point le plus austral de notre séjour au pays des Aiguilles d’Arves.
Petit casse-croute bien mérité, et retour rive gauche de l’Olletaz en profitant de quelques pentes bien orientées avec quelques jolies descentes en neige fort agréable. Et une jolie surprise au retour : alors que la neige croutée semblait au programme de la fin de la descente,
Carole et Laurence nous trouvent de la moquette juste revenue comme il faut, et qui nous porte avec le sourire en banane vers les voitures.
Bénédicte, Carole, Catherine F., Laurence, Murielle, et Yannick.
16,5 km, 1060m D+
J2 : le Plan de la Paume
Départ prévu à proximité de Saint Jean d’Arves, dans le hameau des Chambons. On trouve un petit parking apte à accueillir nos 3 voitures au pied de chalets en construction. La neige est toute proche : on traverse le Rieu Bouchard sur un petit pont et on chausse de l’autre côté. Nous voilà partis pour une montée en pente (très) douce vers l’objectif du jour : le Plan de la Paume. On passe a proximité de chalets d’alpage qui doivent accueillir troupeaux et bergers en été : les Buffettes, Pré Vernay, la Traverse. On est bientôt bercé par le ronron d’un petit avion qui s’entraine à se poser sur l’alti surface toute proche.
A la Traverse, notre objectif se dévoile : sur la droite, une ligne de crête prend le soleil et on aperçoit des traces de descente, au-dessus de pentes tranquilles lentement revenues à la chaleur douce de ce mois de mars. C’est vers 2230m que nous nous poserons pour une pause
casse-croute, qui marquera le point haut de cette sortie. La crête sur laquelle nous avons pris pied continue vers le Petit Agnelin dont Marc avait parlé. Pour rejoindre ce sommet encore lointain et complètement hors programme, le parcours serait semé de corniches et il faudrait
gravir une épaule bien dégarnie à son endroit le plus raide.
Le retour se fait en gérant notre altitude, sous le versant Ouest des pentes de la qui nous ramènent vers la Traverse, puis vers les voitures dans une douceur agréable.
Bénédicte, Carole, Catherine G., Laurence, Monique, Murielle, Yannick
13 km, 860m D+
J3 : Montzard, de la Villette au Pont des Tours
En guise d’introduction à cette rando collective pour cause de météo peu clémente ce jour, un extrait du topo du site Skitour :
Montzard, Versant Nord Départ : Saint Jean d’Arves (la Villette) (1360 m) – Hameau de la Villette, 1km après Entraigues. Traverser l’Arvan et se garer en bas du hameau. Itinéraire : NE PAS traverser le hameau (privé) de la Villette, mais partir WSW sur 100m puis traverser le ruisseau.
Pour notre groupe, la collective du jour se démarque par un départ géographique différencié: cela évitera d’avoir 18 STDistes à la queue leu leu. Nous nous faisons ainsi cordialement conduire à la Villette par 2 véhicules du groupe de Marc, qui rejoignent ensuite leur départ au
Pont des Tours. Nous marchons vers les premières maisons du hameau de la Villette et chaussons … dans le jardin d’une maison habitée. Jardin dont il faudra sortir rapidement en passant au-dessus de petits piquets reliés par un fil de fer. Je comprends mieux les directives du topo Skitour de NE PAS traverser le hameau. Heureusement, il semble que nous n’ayons pas dérangé les
habitants.
Dré dans l’pentu, on attaque une petite épaule qui nous met rapidement en surchauffe. S’en suit un replat vers le Pré Rieu, puis un cheminement entre sapins clairsemés dans la pente qui nous mène au sommet du Montzard. Je me prends à faire des longues traversées plutôt qu’à enchainer régulièrement les conversions. Cela réveille les ampoules de Catherine. Aie. Je prends note qu’à l’avenir, il faudra que j’adapte mon tracé pour éviter le mode dahu toujours du même côté. La météo n’incite pas au farniente. Une fois atteint le sommet, on s’installe pour un casse-croute sur le pouce en attendant les autres groupes. Pascale arpente la fine langue d’herbe qui sépare le sommet de l’à pic de la face sud du Montzard. Une glissade serait fatale mais elle a le pied sûr : elle impressionne par son absence complète de vertige.
Le groupe de Marc puis celui de Thierry arrivent et nous leur laissons la place au sommet. Nous optons pour une descente versant Est : on trouve un petit vallon en neige revenue comme il faut, qui nous amène aux maisons du Besset Dessus, puis en descendant le chemin d’été, vers le parking du Pont des Tours.
Brigitte, Catherine A., Pascale, Murielle et Yannick
7,5 km 715m D+
J4 : Au pied du couloir du Col d’Albanne
Une collective ce jour aussi, au départ de la petite station familiale d’Albiez-Montrond. Au bout de la station, un parking en bord de route accueille nos voitures, au départ du téléski du Crêt de l’Ane. Remontée le long de la ligne du téléski que l’on quittera juste avant l’heure d’ouverture des remontées. Nos trois groupes s’étirent et occupent une longueur grandissante de terrain.
Au pied du col, la pente se redresse et nous rejoignons Thierry et Cathozore. La harde de chamois qu’on avait observés plus tôt quand ils traversaient la pente sont maintenant installés dans la face sous la pointe d’Emy, à quelques centaines de mètres. Thierry nous prête ses
superbes jumelles pour les observer. Marc, Patrice, et les autres sont bien au dessus de nos têtes. Nous décidons de monter simplement jusqu’aux premiers rochers. Quelques conversions de plus avant un arrêt dicté par la structure en plaque de la neige à la base des
rochers. C’est le moment de retirer les peaux et de passer en mode descente.
On rejoint en neige fort correcte le domaine skiable, puis le parking au pied du téléski. En attendant les autres, c’est l’occasion de discuter avec le perchman, un jeune ingénieur parisien qui a décidé de quitter la capitale pendant une année pour tenter une autre vie. De développeur Web à la neige de Savoie, voilà une transition qui donne bonne mine. Après une bonne discussion, il nous propose spontanément de faire un tour de téléski, et on ne se fera pas prier ;o) Dans la foulée, les autres STDistes arrivent et suivent le mouvement. Pas sûr que notre ami perchman avait prévu une telle affluence sur sa ligne ;o) Il en sera quitte à venir prendre le soir même l’apéro et le repas avec nous au Chalet.
Anne, Bénédicte, Laurence, Monique, Murielle et Yannick
9,8 km 840m D+
J5 : du Chalmieu à Entraigues par le Gros Crey
Le grand jour est arrivé : nous allons monter au Gros Crey !!!
Au parking, deux jeunes arrivés avant nous nous saluent : ils vont aussi au même endroit en splitboard. Donc pour le moment, leur planche de surf est coupée en deux, en « mode montée », avec des peaux dessous. La neige fraiche est tombée la veille et on prend le temps d’imprégner en préventif nos peaux avec le stick anti bottage de Monique : personne n’aura de problème pendant la journée.
Je prends un peu trop tôt la petite croupe à droite indiquée par Marc le 1er jour. Pas génial : la troupe fait demi-tour pour retrouver le bon cheminement. Un groupe d’anciens nous rattrape et le « local » du groupe vient taper la causette : il est tous les jours à skier et s’adapte
aux conditions. Aujourd’hui il hésite avec son équipe entre Gros Crey et Montplat.
Vers 2000m, point bas au niveau du ruisseau de l’Olletaz et changement de rive. Nous suivons les traces des splitboarders. Splitboarders qui suivent les traces du groupe de Thierry (lundi).
Thierry qui a suivi les traces de Marc tracées dimanche. Quoiqu’il en soit, lesdites traces ont été plus ou moins recouvertes par la neige durant la nuit passée. Petit à petit, on remonte dans des vallons et on observe le groupe d’anciens monter sur un autre versant par le chemin d’été, à la base du Crey Aigu. Marc indiquera plus tard qu’il a déjà vu cette face partir en avalanche, et que son cheminement est plus sûr. On s’en tient à la trace de Marc et on approche du point dur de la montée. Les splitboaders ont buté sur une croupe trop raide pour leur matériel et ont fait partir un peu de neige. Ils ont fait demi-tour : pas assez d’accroche avec leur « skis » pour aller plus haut. Je crois entendre leurs cris de joie dans leur vallon de descente mais on ne voit plus personne. Nous sortons les couteaux et nous passons un par un dans la pente bien marquée à cet endroit. Le crux est maintenant derrière nous et le sommet s’approche. Après le passage de la corniche à droite comme Thierry nous l’avait conseillé, on arrive au Gros Crey : soleil, pas de vent, vue magnifique. What else ?
Ça serait tellement bon de descendre par les vallons orientés NE mais on est attendus sur le chemin d’Entraigues, à l’opposé. Thierry et son groupe arrivent un peu plus tard, par là où nous allons finalement descendre. Le début est sympa : soleil, bonne neige, harde de chamois sur la croupe bien au-dessus de nous, cheminement évident et ski de qualité.
La piste forestière nous attend avec ses petites surprises moins skiantes (quelle chaste expression ;o). On retrouve avec plaisir le groupe de Marc qui revient de Chamossière, et on finira la descente tous ensemble.
Bénédicte, Carole, Laurence, Monique, Murielle et Yannick
17,5 km, 1100m D+
J6 : le final en altitude : les Cimes de la Cochette
Avant le ski, le rangement : en moins de 2 heures, le petit déjeuner est pris, tout le chalet est vidé et les affaires rangées dans les voitures. Départ pour Saint Sorlin d’Arves où trouve la foule une fois la station ouverte. Ambiance internationale, queue aux remontées mécaniques,
masques de ski globuleux et GoPro sur les casques. Bref, on est en station.
Une longue traversée nous éloigne du domaine skiable et on arrive par gravité à la fin du Lac Blanc. La météo promet quelques nuages mais pour le moment, c’est grand ciel bleu. Nous remontons le fond du vallon en direction de l’Etendard et c’est vers la côte 2610 que nous
changeons de direction pour nous appuyer sur les premiers contreforts, les plus au Nord Est, du Rocher Blanc. Par une série de vires comme Marc nous avait décrit, les 3 groupes se suivent et montent vers le point sommital à 3200m. Entre temps le vent s’est levé et l’ambiance devient rafraichissante. Petit à petit, les sommets sont se coiffent de nuages d’altitude : le Mont Blanc, la Grande Casse, les Aiguilles d’Arves, le Mont Viso. Quelle vue !
Le plafond descend lentement mais surement et le bleu cède du terrain à des nuages gris longilignes : ça doit souffler très dur en altitude. Et on le sent aussi là où nous sommes. Heureusement, un petit replat sous le sommet est bien protégé des rafales. Nos deux
Catherine se posent à l’abri pendant que le reste du groupe monte au sommet. La vue sur le Pic de l’Etendard, l’envers de Belledonne, la Dent de Crolles, tout y passe : c’est un magnifique belvédère. Mais une longue descente nous attend et on enchaine. Patrice se charge de
déséquiper la corde que Marc avait installé pour faciliter le retour du sommet. C’est le début de la descente : il n’y a que nous sur ce plateau mais nous sommes finalement nombreux : il faudra du temps pour glisser vers le bas, en passant un à un les ressauts et les pentes. Patrice guide la tribu et même s’il n’y a pas de poudre dans les parages, il saura trouver le cheminement le plus adapté. Même si la fatigue de la journée et de la semaine se font sentir, tout le monde y met du sien (bravo !) et une heure et demie plus tard, on rejoint le domaine skiable de Saint Sorlin. La tension tombe et il n’y a plus qu’à se laisser glisser vers le bas. Ultime moment de partage et de convivialité au bar et c’est la fin de cette semaine au pays des Aiguilles d’Arves.
Catherine A. Catherine F., Murielle, Pascal, Patrice et Yannick
18 km, 935m D+
Yannick



