Raz de Bec

Ce sommet se trouve dans la partie sud de la Chaîne du Faraut, en Dévoluy.
9h45 : Nous abandonnons nos 3 véhicules au bout du goudron, alt 1562 m , au départ de la piste qui monte au Col du Rabou.
Au passage devant la bergerie Lesbrosses, le parc à moutons contigu est un champ d’excréments tout frais. Le filet est ouvert, le troupeau est parti en goguette. Nous ne tardons pas à l’apercevoir, en contrebas de la piste ; il se dirige paisiblement du côté de Pinecourte.
« Oh,oh ! Le groupe de Dominique va avoir maille à partir avec eux ! Espérons que le télescopage se passera bien !»
Pour l’heure, le seul patou visible semble aux abonnés absents. On s’approche, on s’approche et il ne réagit pas. Qu’attend-t-il pour venir nous sermonner ?… Il finit enfin par faire son boulot et tout
rentre dans l’ordre. Après une pause au col du Rabou, en route pour l’inconnu ! Personne ne connaît la suite. Une draille transversale repart vers le nord. Elle grimpe vers la lumière d’une immense zone d’alpage, en écharpe sous la crête. Les lignes épurées dévoluesques s’étirent et incitent à l’enthousiasme.
Au replat, cote 2109, je reconnais le collet de la photo du topo : le passage vers la crête s’effectue par là. Un champ de pierraille se redresse progressivement, quelques cairns indiquent que nous sommes au bon endroit. Après une zone de faiblesse où l’on met un poil les mains, nous voilà en crête. Le paysage s’ouvre, on domine le Champsaur, le vieux Chaillol nous cligne de l’oeil.
Ensuite, il n’y a plus qu’à cheminer sur le fil, pour 3 km d’épaulements herbeux. Chaque point haut est surmonté d’un cairn. On surmonte le Pic de Pré Chambenne ( 2290m) sans trop s’en apercevoir.
12h45 : alt 2385 – Nous y sommes. Les estomacs se réjouissent car il fait faim. Côté Champsaur, le flanc sud de la montagne nous protège de la bise réfrigérante. Malgré la raideur, chacun s’y case comme il peut.
On admire les vautours qui nous survolent mais tintin pour les prendre en photos. Le ciel trop aveuglant submerge nos objectifs.
Un cairn nous nargue à 500 m, encore plus au nord. C’est le point haut du secteur ( 2314m). A coup sûr, il y aura du spectacle car la suite est une enfilade d’aiguilles rocheuses qui plongent abruptement jusqu’au col du Noyer.
Pas d’obligation bien sûr, puisqu’il s’agit d’un aller-retour à vide! Mais l’émulation aidant, on se retrouve tous là haut. 4 perdrix dérangées plongent dans le vide en battant frénétiquement des ailes.
Entre temps le troupeau du matin a dévié de sa trajectoire. Les moutons paissent maintenant 200m en contrebas. Ils occupent l’alpage qu’on avait ciblé de rejoindre, histoire de faire une rando en circuit. Un patou d’un côté, un patou de l’autre… La confrontation sera inévitable ! La seule alternative pour les contourner, c’est de rester sur notre parcours de crête de l’aller. *A noter qu’à aucun moment de la journée, nous n’avons aperçu le groupe de Dominique qui évoluait pourtant juste en face, sur la Crête de la Plane. Malgré le beau CR de Jean Luc, nous
émettons quelques doutes. Ont-ils vraiment marché… Ou ont-ils joué aux boules toute la journée au camping ! 🙂
Durée globale : 6h15 – Dénivelé : 922 m – 11 participants